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Le Crépuscule de l'Impérium

Il ne pouvait détourner son regard de ce chef d’œuvre artistique. Comment un simple humain avait il pu capturer de manière si précise la magnificence d’une telle scène. Mais surtout, comment ce dernier avait t’il pu reproduire avec autant de minutie chaque détail pour en faire cette fresque ?

Servilius Quintus Varro, ne pouvait s’empêcher de penser aux tenants et aboutissants de ce tableau, la campagne d’Ullanor aurait dû à tout jamais imposer la férule de l’Impérium tout puissant à la galaxie entière. Seulement, le destin ou des puissances bien plus sombres en avaient décidé autrement...

Sur cette aquarelle étaient représentés de nombreux Primarques, ces sur-êtres ayant pour devoir de porter le rêve de leur Père sur leurs épaules. Pourquoi alors Horus s’était-il détourné de cette voie qui lui était pourtant promise ?

N’avait-il eu tout ce qu’il pouvait désirer ? L’amour de ses frères et pairs, la reconnaissances d’un Père, le titre de Maître de Guerre ainsi qu’une légion parmi les plus honorables de fils dévoués tout entiers à sa cause.

Décidément Servilius ne comprenait pas. Le changement dans la destinée de ce seul être avait condamné l’Impérium car la moitié de ses frères s’étaient rangés à ses côtés et ainsi avait débuté la guerre fratricide qui avait déchiré l’Impérium.

Servilius se souvenait très bien de cette époque dite de l’Hérésie d’Horus, il y avait participé et s’était battu pour protéger Terra et l’Empereur... Ses pensées retournèrent subitement vers la magnifique fresque dont il ne pouvait détacher son regard. Il discernait de moins en moins bien les détails de cette dernière, une tâche sombre en recouvrait l’extrémité droite. Toujours perdu dans le fil de ses pensées il se demanda qui était l’humain derrière ce tableau. Serena D’Angelus, le célèbre peintre ? Assassinée par Fulgrim. Ou bien encore Euphrati Keeler, l’imagiste rattachée à la légion d’Horus lui même.

Cette dernière avait échappé au massacre des commémorateurs qui s’était déroulé dans la salle du Vengeful Spirit. Cependant Servilius n’avait aucune idée de ce qu’il était advenu d’elle.

Il ne savait même plus pourquoi il pensait à toutes ces chimères relevant d’un lointain passé. Sa raison d’être depuis sa plus jeune enfance était de servir et protéger l’Empereur. Servilius Quintus Varro n’était pas son véritable nom, seulement le début d’un nom composé de plus d’une centaine de titres acquis au cours de son service auprès de l’Empereur. Attestant de ses nombreux combats et actes de bravoures. Il était un custodien, un des élus du Maître de l’Humanité.

Il avait été forgé pour se battre, malgré tout, son regard restait fixé sur la fresque d’Ullanor.

Rien ne pouvait changer cet état de fait, sa vision devenait de plus en plus sombre, ses pensées toujours plus confuses et tendancieuses à la digression. Il sentait son esprit s’éparpiller, ses pensées revinrent vers la trahison d’Horus, et une pointe de regret l’envahit. Si seulement il n’y avait pas eu d’Hérésie, peut être l’Imperium aurait pu faire face à cette menace. Sa vision se brouilla de manière plus prononcée puis fini par se voiler définitivement.

Les dernières pensées du custodien nommé Servilius Quintus Varro n’avaient pas duré plus de quelques secondes, le temps qu’un monstrueux guerrier Tyranide l’empale sur ses griffes acérées et ne tranche sa tête qui avait nonchalamment roulé jusqu’à se retrouver face au tableau représentant la fin de la campagne d’Ullanor.

Bien que Constantin Valdor vint d’assister à la mort d’un de ses plus vieux amis, il n’eus pas plus de temps pour s’apitoyer sur son sort, la situation ainsi que sa charge ne le permettaient pas.

« Resserrez les rangs, ne laissez pas cette vermine souiller encore un instant le palais ! Il en va de votre honneur Custodiens. »

Ses mots qui se voulaient fédérateurs sonnaient creux, la situation était plus que désespérée. L’Impérium avait déjà fait face avec succès à plusieurs invasions Tyranides, mais jamais une flotte si imposante ne s’en était prise à l’Impérium et encore moins directement à Terra. Aussi incroyable que cela puisse paraître la flotte ruche Jörmungand était apparue directement depuis les profondeurs de l’univers et s’était attaquée à Terra par en dessous, prenant ainsi de court tous les tacticiens impériaux.

La situation était donc plus que critique, Valdor le savait. Ses hommes formaient le dernier carré devant la salle du trône. Tout ce qu’ils avaient cherché à opposer jusque là à la menace extraterrestre avait été assimilé, l’esprit de la Ruche réagissant avec célérité à chaque menace en créant une réponse adéquat.

Seule une trentaine de custodiens en armure terminator et les trois derniers dreadnoughts de l’adeptus custodes combattaient toujours. Le bras de Valdor faiblissait à force de trancher les membres à travers une véritable marrée de Tyranides. Le fait d’avoir si peu de troupes à sa disposition enrageait Constantin.

Une demande de renforts avait été envoyée à travers l’Impérium mais peu de chapitres avaient pu y répondre assez rapidement. Lorsque la plupart des chapitres seraient enfin aux portes de Terra ils risquaient de ne trouver qu’une coquille vide en lieu et place du centre névralgique Impérial.

L’engagement avait très mal débuté, la flotte impériale n’avait pas opposé une résistance de plus de cinq heures, et ce quand bien même certains capitaines et amiraux s’étaient efforcés de se sacrifier en emportant un maximum d’ennemis. La flotte adverse était bien trop vaste pour que les quelques coups d’éclats de l’armada impériale ne représentent guère plus qu’une goutte d’eau dans l’océan.

Les défenses planétaires de Terra, bien que considérables n’avaient pas été plus efficaces, les cibles étant tellement nombreuses que les systèmes de visée s’affolaient. Petit à petit elles furent réduites au silence par des spores ou bien tombèrent à court de munitions, jamais Constantin Valdor n’aurait pu croire une telle chose possible.

Seulement il n’était désormais plus certain de distinguer ce qui relevait du possible et de l’impossible. Le fait que leur principal fournisseur en munitions, Mars eu été détruite et assimilée en deux semaines seulement fut un terrible choc pour les forces loyalistes. Tant bien psychologique, qu’une puissance telle que celle de l’adeptus Mechanicum tombe si rapidement que logistique, la planète rouge étant l’usine de Terra, sa perte avait porté un rude coup aux défenses de Terra.

Constantin avait reçu quelques bribes de rapports à propos de terribles combats entre les Titans de Mars et les Hierophants et autres Bio Titans Tyranides. Que l’Adeptus Titanicus n’eu pu faire mieux que la flotte, était rageant.

Dans sa colère le haut gradé custodien trancha d’un coup de son arme énergétique la tête d’un garde du corps Tyranide, s’approchant par la même d’un Prince. Deux de ses guerriers le suivait, lui ouvrant un passage à grand renfort de hallebardes énergétiques. Les munitions se faisant rares, Valdor avait ordonné à ses hommes de privilégier le combat rapproché, quand bien même ce n’était pas la meilleure solution face aux Tyranides.

La monstruosité qu’il cherchait à atteindre l’avait également repéré, une intelligence froide et dangereuse couvait dans ses yeux. Valdor n’en ressentit qu’un mépris grandissant à son égard. Son seul objectif était de vaincre la bête puis de profiter de la panique que sa mort occasionnerait pour refermer les portes de la salle et gagner ainsi un temps précieux.

Dans une sinistre parodie de comportement humain, le Prince extraterrestre tira une épée faite d’os de sa moelle épinière, puis l’agita en direction de Valdor en signe de défi. Un custodien pointa son fulgurant sur la bête et l’arrosa de bolts mais cette dernière ressortit indemne de la mitraille.

Le monstrueux Tyranide tourna son attention sur l’impétueux qui l’avait pris pour cible. Il ouvrit lentement et de manière négligente sa gueule garnie de crocs jusqu’à ce que celle-ci se retrouve complètement distendue, puis, soudainement une interminable langue sortit de son orifice béant. Semblable à une flèche la langue pointue à son extrémité et recouverte d’épine sur sa largeur trouva son chemin à travers la céramite du custodien, l’empalant au niveau de ses deux cœurs. La langue retrouva en un claquement sa place, laissant un trou net dans la poitrine du malheureux custodien qui ne comprenait toujours pas ce qui lui était arrivé.

Courroucé par la perte d’un des siens Valdor s’élança à la rencontre de sa némésis.