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Critique de Délivrance Perdue par Priad

Publié le Mercredi 28 août 2013

«Jurez-le dès à présent avec moi, mes fils, jurez de me suivre partout où cette route nous mènera. Jurer de ne témoigner aucune clémence à ces traitres. Jurez de les occire avec la haine au cœur. Jurez d’exciser ce cancer qu’Horus a nourri dans le sein de l’Impérium. Jurez que vous porterez à nouveau la vérité impériale à cette galaxie. Jurez que nous n’échouerons plus jamais !»
Dans les profondeurs des couloirs de l’Avenger, Alpharius écoutait les paroles du primarque et ne put s’empêcher de s’en sentir exalté.  Un tel discours de défi était noble. Futile, mais noble.

Ayant survécu de justesse à la bataille d’Istvaan V, la Raven Guard n’est plus que l’ombre d’elle-même. Corvus Corax a subi de sérieuses pertes qui ont amené sa légion au bord de l’extinction. Un moment critique pour la Raven Guard qui ne fait que motiver notre Primarque et ses Space Marines à retourner dans la bataille au plus vite, afin de prendre leur revanche. Conservant néanmoins cette subtile approche qui a toujours fait la force de la Raven Guard, Corvus Corax se rend sur Terra afin d’y rencontrer l’Empereur. Plus que de simples conseils, son père lui apportera la clef qui permettra à la Raven Guard de recouvrer son potentiel et de repartir à l’assaut contre les forces du Maitre de Guerre.
Meurtri et profondément affaibli, la Raven Guard entame alors sa reconstruction, ignorant que l’Alpha Légion l’a déjà infiltré pour mieux servir les desseins d’Horus.

Prenant suite juste après l’audio Drama Raven’s Flight, Délivrance Perdue démarre son récit par la fuite de Corvus Corax et de ses troupes de la planète d’Istvaan V. Une entrée en matière fracassante qui mettra bien en avant tous les enjeux de ce livre. Inutile de vous dire que nous sommes en face d’un indispensable de l’Hérésie d’Horus, pas du point de vue de la qualité du récit mais bien de l’importance de l’histoire qui y prend place. Rassurez vous néanmoins, Gav Thorpe est au commande, et à part quelques longueurs davantage présentes dans la seconde partie du livre, vous apprécierez sans effort ce tome.
L’impression d’enfin avancer dans la saga est bien présente, surtout grâce aux nombreux liens que l’auteur fait avec d’autres moments de l’Hérésie d’Horus. Ainsi le livre fera référence tantôt au roman Les Morts Oubliés en abordant les tempêtes Warp, tantôt à la bataille de Prospero (Prospero Brûle). Le sort des Thousand Sons n’est pas en reste et même si tout cela relève plus du détail que de la révélation, il n’aide que davantage le récit à mieux s’insérer dans la saga. Et comment ne pas penser à l’audio drama The Ligthning Tower lorsque l’on retrouve Rogal Dorn dans la forteresse de l’Empereur sur Terra.  De nombreuses petites attentions que le lecteur ne pourra qu’apprécier.

Bien loin d’être un concentré d’action, le roman apporte surtout beaucoup de réponses quant à la possible reconstruction de la Raven Guard. L’intérêt du fan se verra décupler dès lors qu’il parcourra les quelques passages abordant les souvenirs de Corax lorsqu’il n’était encore qu’un fils égaré de l’Empereur. Gav Thorpe nous dépeint donc la Raven Guard avec ses forces et ses faiblesses. Et même si les répliques des primarques manquent parfois de panache, on ne pourra que souligner la qualité globale de l’écrit qui jamais ne nous perd entre les différents protagonistes. La trame autour de l’Alpha Légion est très agréable à suivre, l’identité d’Alpharius restant secrète jusqu’à la fin du livre. Les soupçons iront bon train alors que le lecteur tentera vainement de découvrir qui il est ; encore une preuve que Gav Thorpe maitrise son récit de bout en bout. La vue d’ensemble de cette infiltration est donc très appréciable, même si elle n’atteint pas la puissance de Légion.

La trame se suit avec grand plaisir, ponctuée de certaines scènes d’anthologie, comme lorsque Corax décide de se débarrasser du Valediction ou encore lorsqu’il pénètre dans LE Labyrinth. La dernière partie du roman sera aussi l’occasion d’être témoin d’un bel assaut de la part de la Raven Guard mais je n’en dirai pas plus afin que vous conserviez la surprise.

Délivrance Perdue est donc un très bon livre, bien écrit, il nous fait vivre un moment charnière pour la Raven Guard mais aussi pour l’Alpha Legion qui avance ses pions sur l’échiquier du Maitre de Guerre. Ponctuant son récit de certains passages inoubliables, le livre nous décrit parfois des scènes bien dispensables ayant malheureusement un impact certain sur le rythme du livre, une faiblesse que nous oublierons bien vite après avoir tourné la dernière page du roman.

Les plus

  • Gav Thorpe est agréable à lire, nous offrant une histoire simple à suivre et aux nombreux rebondissements.
  • Le fluff est bien présent, les méthodes de la Raven Guard étant bien retranscrites et le passé de Corvus Corax étant révélé.
  • Ce roman s’adresse autant aux fans de la Raven Guard qu’aux fans de l’Alpha Legion.
  • Les rares scènes d’action sont très vivantes et faciles à appréhender.
  • L’Empereur se cantonne toujours à un second rôle, mais quel second rôle.
  • Le livre apporte certaines réponses et l’on suit assidument l’entrainement des nouvelles recrues du Chapitre.

Les moins

  • Certains moments d’ennuis viennent poindre dans la seconde et troisième partie du récit.
  • L’auteur ne donne pas aussi bien la réplique aux primarques qu’un McNeill ou qu’un Abnett.
  • On notera certaines incohérences, plus ou moins dommageables à l’histoire.
4/5
Délivrance Perdue est une vraie bonne pioche, faisant avancer la trame de l’Hérésie d’Horus, tout en saupoudrant le tout de fluff et d’instants magiques. Gav Thorpe au sommet...