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Critique de Riven par Maestitia

Publié le Samedi 21 décembre 2013

Les yeux de Crius clignèrent alors qu’ils s’ajustaient et le souvenir s’évapora. Il entendit dans son dos les cliquetis et le bourdonnement de l’approche de Boreas.
‘Douze sauts,’ dit Crius sans se retourner. ‘Douze fois que nous atterrissons dans le vide alors que nos astropathes scrutent l’éther à la recherche de la moindre trace des miens. Douze cycles de silence.’
‘Nous devons réussir, peu importe le temps que cela prendra. C’est notre serment.’
Crius acquiesça, mais ne répondit pas. Boreas s’approcha plus près. Crius pouvait sentir les yeux du guerrier sur lui, mais ne détourna pas son regard des étoiles.
‘Terra doit pouvoir compter sur chaque lame possible pour se défendre lorsqu’Horus arrivera,’ dit Boreas.
‘Es-tu certains qu’il viendra ?’
‘C’est ce que le Seigneur Dorn pense.’
‘Pourquoi ?’
‘Comment pourrait-il espérer gagner cette guerre autrement ?’
Crius haussa les épaules et se retourna pour regarder Boreas. Des yeux noirs se fixèrent sur lui : un regard aiguisé, inflexible et dépourvu d’émotion.
‘Es-tu sûr qu’il s’agit de gagner ?’ demanda Crius.
‘De quoi d’autre s’agirait-il ?’

A l’instar de Lost Sons, Riven par John French est une nouvelle qui ne demande pas d’avoir lu toute la Saga de l’Hérésie pour pouvoir l’apprécier.
C’est avec un réel plaisir que j’ai embarqué dans cette histoire, la première raison étant l’auteur, la seconde étant l’Iron Hand. En effet, nous n’avons pas encore eu l’occasion d’avoir un roman à part entière sur cette Légion si particulière. Certes, nous avons déjà eu droit à quelques seconds rôles comme dans L’Ange Exterminatus ou encore Vulkan Lives, mais je dois admettre que peu d’auteurs ont réussit le pari de nous mettre dans la chair et l’acier d’un fils de Ferrus.

Nous suivrons ici Crius, seigneur de Kadoran et représentant de la Xème Légion Astartes dans une mission confiée par Rogal Dorn par le biais de Sigismund. Il sera accompagné dans sa quête par Boreas, un Imperial Fist fidèle à son Primarque. Tout deux parcourront les étoiles à la recherche de potentiels survivants d’Istvann V afin renforcer Terra. Inutile de vous dire que tout ne se passera pas comme prévu.

Premier bon point que je n’ai pas su retrouver dans la Saga : un vrai fils de Ferrus! Il est froid, pessimiste, colérique, stoïque et mécaniquement têtu. Les dialogues entre lui et Boreas sont un délice. Ce sont des joutes verbales où le pragmatisme luttera face au désespoir de cet Iron Hand qui a absolument tout perdu.
Tout perdu, pas totalement. Crius peut être froid et déprimant comme du fer, mais il peut aussi être incandescent et perçant comme un acier chauffé à blanc. C’est vraiment le premier point fort de cette nouvelle, un personnage quasiment bipolaire, toujours emplit par le doute et l’abandon, mais aussi un Astartes violent et prêt à mourir pour venger la mort de son père.

Au-delà des personnages et de leurs tourments, plusieurs retournements de situation seront amenés au bon moment et accompagné par un rythme qui saura nous surprendre.
Une fois que Crius et Boreas trouveront des survivants, une toute autre ambiance s’installera. Le doute se fera d’autant plus pesant et des choix seront à faire et les serments seront difficile à tenir…

Je peux aussi vous dire que la fin est épique mais ne peut guère m’attarder sur ce point car cette nouvelle finit sur une sublime ouverture. Et oui, encore un autre point pour French qui saura nous donner envie de revoir le plus vite possible Crius dans une nouvelle aventure.

Les plus

  • Du pure Iron Hand.
  • Dialogues vivants.
  • Quête captivante, remplit d’incertitudes.
  • Rythme impeccable.
  • Retournements de situation jouissifs.
  • Fin ouverte.

Les moins

  • Transitions trop abruptes.
5/5
Une nouvelle qui vaut son pesant en acier trempé. Dispensable mais excellente. Un délice pour un fan Iron Hand.